LE LIVRE

Affichage des articles dont le libellé est Saisi au vol. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Saisi au vol. Afficher tous les articles

vendredi 17 janvier 2014

Si je ne devais qu’en retenir une, des règles de vie.

 

La vie de l’homme est faite de diverses expériences, certaines heureuses, d’autres malheureuses. Malgré cette diversité d’expériences, des “patterns” ou tendances existent toujours. On a parfois l’impression, devant une situation qui se présente à nous, qu’on est en face d’un remake, que la forme a peut-être changée, mais le fond est toujours le même.

C’est de cela que des hommes qui nous ont précédé ont tiré de leurs expériences pour établir des règles de vie, ou principes… On peut appeler cela comme on veut. Ces règles sont censées nous permettre d’éviter des expériences malheureuses, ou du moins d’atténuer leur choc par l’anticipation.

C’est vrai que peu de gens suivent ces règles car c’est toujours mieux de constater les choses soi-même mais on est toujours enclins, une fois que le constat a été fait, de tirer des conclusions et de se transformer en donneur de leçons. Le seul problème est que ces règles s’appuient sur une démarche inductive, ceux qui ont quelques notions de logique en ont une idée. L’induction est la démarche de raisonnement qui tire une conclusion (ou loi générale) à partir de l’accumulation de cas particuliers. Il arrive qu’un cas particulier ne cadre pas avec la loi générale… Pour être concret, supposons que vos parents, ayant plus d’expérience de vie que vous, vous donne le conseil suivant : “Mon fils (ou Ma fille), ne fais jamais confiance à ta femme (ou à ton mari), sois toujours prudent car elle (ou il) a un passé que tu ne connais pas”… Vous avalez le conseil et vous en faites une règle de vie, sans demander si votre parent a vécu la même chose dans le couple qui vous avez vu naitre. Vous l’appliquez mais un jour, vous croisez un ami qui fait le contraire, qui fait confiance à sa femme et a une vie plus qu’heureuse, la complicité profonde de son couple déteint sur l’ensemble de sa famille, la joie y porte bien son nom. Et à la vue de cela, vous vous mettez à réfléchir. Vos parents ont surement tiré leurs conclusions en observant des centaines de couples… mais vous en avez vu un seul qui met à mal votre conviction. C’est pour cela que les règles de vie seront toujours peu suivies, néanmoins elles ont une importance psychologique intéressante car c’est toujours mieux d’avoir une situation dans l’espace des possibles, que rien du tout. On vit mieux l’expérience quand c’est ainsi.

Donc si quelqu’un vous dit que vous êtes idiot parce qu’une femme vous a manipulé et que PLATON  ou je ne sais quel ancêtre de la philosophie avait écrit que les femmes sont des manipulatrices, dites-lui poliment d’aller se faire foutre, qu’il ouvrira bien la bouche un jour devant une femme… Dans tous les cas, on a déjà écrit des tonnes sur les femmes mais personne n’a fuit les femmes. Bon, peut-être l’exemple est mal choisi mais je voulais juste donner un aperçu de la difficulté de suivre ces règles de vie. On a beau dire que le piment brûle la langue, on en parle doctement quand on l’a déjà mis sur la langue. Cela sonnait creux avant qu’on ne mettre le piment sur la langue.

Pourquoi tout ce baratin depuis le début de ce post? C’est parce que j’ai lu un post du blog de Ryan Holiday, “25 Rules For Living From A (Semi-) Successful 26-Year-Old”, 25 règles pour vivre ses 26 ans dans le succès. Je dois dire que j’aurais bien aimé être un auteur à succès comme lui. Mon objectif sera d’écouler au moins 3 000 exemplaires de mon ebook du blog Economie de la défense qui sortira probablement à la fin du premier trimestre 2014.

Pour ce post de Ryan Holiday, on voit bien à l’introduction qu’il est fait référence, peut-être sans savoir que cela a été bien étudié en logique avec ses points forts et ses limites, à la démarche inductive que j’ai relevé plus haut. C’est  à l’œuvre dans les conseils…

I don’t recall many situations where my father took the opportunity to use a particular instance to give me general advice. Which of course, is the best way to learn about the world.

Et à la suite, ces 25 règles sont égrenées. Si je ne devais qu’en retenir UNE? C’est celle là :

Most people are lying when they describe what their life is like. Don’t listen, don’t use what they say as a baseline, don’t get jealous, just nod and then forget it.

S’il n’y avait qu’une règle de vie que je devrais donner, c’est bien celle là. Elle m’accompagne depuis tant d’années. Quand on écoute certains conter leur vie, on se dit bien qu’ils n’ont rien à envier aux scénaristes d’Hollywood. Les superhommes n’existent pas, sauf au cinéma. Mais les grands hommes existent, grands par les valeurs défendues, par la justesse de leurs choix ou retombées de leur action.

Ensuite dans l’article, il y a d’autres règles que je trouve intéressantes :

Talking about what you’re going to do makes you a lot less likely to actually do it. Keep your plans to yourself.

If someone wants to go faster, let them pass.

Eliminate options, concentrate your forces. This means less time is wasted thinking about choices on a daily basis.

Je vous conseille d’aller lire ce billet. C’est instructif, ça fait réfléchir et parfois sourire, comme cette règle :

Get a dog, not a cat. One will make you a better person, the other is just an animal that lives in your house.

mardi 24 décembre 2013

Perçoit-on vraiment la révolution informatique?

 

Hier soir, je zappais les chaines télés à la recherche du fameux derby Arsenal – Chelsea mais un élément a stoppé net mon zapping. Il s’agissait d’une enquête présentée au Journal de 20H de France 2 intitulée “le secret des diamants à bas coûts”. En clair, c’était une histoire d’enquête sur le circuit des diamants low-cost avec leur production à Botswana, leur traitement et découpe dans un atelier en Inde et le produit fini pouvait suivre dans les boutiques pour la commercialisation… Je passe tous les détails notamment sur l’interrogation portée à la fin de cette enquête sur les certificats d’origine produits par les fournisseurs…Si on tirait plus loin ce documentaire, on en arriverait à se demander si des circuits de blanchissement de diamants ne seraient pas à l’œuvre dans le marché des diamants low-cost. Et pour finir, je m’étonne toujours que l’on associe le plus souvent le terme blanchissement à l’argent, auquel on colle le qualificatif de “sale”. Mais pour le dire en réalité, ce n’est pas ce point qui m’a attiré comme vous pouvez le constater par le titre de ce post.

Un point m’a fait tiqué lors des scènes filmées dans l’atelier de traitement et découpe en Inde : cette étape du processus de production est gérée par un logiciel qui présente les précieux métaux carrément en 4D, avec une répartie bien claire entre les cristaux de diamants et les déchets si je puis dire…Les spécialistes de la matière m’excuseront. En clair, c’est obtenir moins de pertes en termes de cristaux dans la découpe des diamants qui a motivé la délocalisation d’une partie de la production du Botswana vers l’Inde qui a une expertise reconnue dans l’Informatique…en plus d’être un pays à bas coût salarial comparativement aux autres pays d’expertise similaire. Bien sûr, certains objecteront que cette hypothèse est trop facile et tirée par les cheveux. Moi aussi je ne peux m’empêcher de voir un atelier de 3 000 bonhommes assis sur leur chaise lorgnant sur chaque diamant, armé d’un logiciel qui donne un rendu fidèle des composantes minéralogiques du diamant à partir desquelles est définie la procédure de découpage. Pour se rendre compte du caractère pointu de la tâche, un salarié de l’atelier répondant au journaliste affirme que dans de meilleures conditions, il produit vingt (20) diamants par mois, des diamants de la taille d’une touche de télécommande. L’entreprise en produit 40 000 par mois.

Pour finir, je dois dire que cette enquête m’a amené à deux (2) conclusions :

- Cela fait une dizaine d’années que Michel Volle à travers son site et son blog essaie de convertir les esprits à l’idée que la troisième révolution industrielle est en cours : la révolution informatique. Je parle bien de “convertir” car il faut bien considérer cette tâche comme une mission pour le dire et le redire pendant autant d’années, en relevant minutieusement dans l’actualité les données qui traduisent cette évidence. Je suis convaincu que c’est la bonne voie.

- Les pays de l’Afrique Subsaharienne, riches en ressources naturelles, seront obligés tôt ou tard d’analyser la chaine de valeur de leurs ressources et surtout, ne se contenteront pas de cela. Le plus tôt sera le mieux. L’informatique peut être un formidable levier de développement, à condition que cela ne soit pas seulement vue à travers les lunettes des usages, ou réduite à la bureautique et la messagerie.

Mais je reste pessimiste. Le marché du conseil en développement a de l’avenir… Les marchants du développement seront au rendez-vous dans quelques décennies dans les conférences, colloques, ateliers et séminaires pour nous donner comme toujours les fameuses recettes du développement. Peut-être viendront-ils d’Inde ou de Chine….